UN AN PLUS TARD…

ICO advisor

C’est le 15 août 2017 que je rédigais un article enthousiasmé sur l’aventure dans laquelle se lançait la coopérative agricole biologique LavkaLavka. Et que je comptais soutenir.

Un an plus tard, force est de constater que je les ai beaucoup soutenus, qu’ils ont apprécié mon aide, qu’une ICO s’est donc soldée avec succès en février 2018. Lire mon résumé ici.

Le projet BioCoin se développe lentement mais sûrement ; faire preuve de patience est la bonne attitude devant des aléas, qu’ils soient d’ordre technologique ou réglementaire. Chaque semaine apporte une nouvelle victoire. Et à l’automne, l’équipe de BioCoin s’apprête à lancer à l’international cette fois, le module permettant aux professionnels de gérer le programme de fidélité, pour les jetons BioCoin.

En juillet 2018, il y quinze jours, Carlo Petrini, le fondateur du mouvement Slow Food est même venu à Moscou pour accueillir avec joie le nouveau réseau slow food créé par BioCoin : FermaFerma. Et le 21 septembre prochain, BioCoin est invité à venir parler de sa blockchain et de son jeton à Terra Madre (Turin) devant des milliers de fermiers et sympathisants de la nourriture de qualité ! Nulle doute que ce projet va attirer de nouveaux partenaires.

Et la planète ?

Un an plus tard, côté environnement cette fois, force est de constater que la situation est pire. Mais pourquoi être surpris ?

Ce matin, on peut lire sur Novethic cet article “L’agriculture bio est plus efficace contre les maladies que les techniques conventionnelles“. Ce qui est frappant ici, est que l’article démarre par “Ce sont des conclusions plutôt étonnantes qui viennent d’être publiées…“.
Mais pourquoi “étonnantes” ? Pourquoi de l’étonnement ?

En effet, il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour imaginer qu’entre une pratique agricole naturelle, proche de la nature, qui la respecte, et une pratique agricole pesticidée, voire intensive, il n’y a pas photo. Et que la seconde est beaucoup plus destructrice et mortifère – pour tout le vivant dans son ensemble – que la pratique paysanne ancestrale.

Contente pour eux que les chercheurs de l’INRA bossent, mais les vrais paysans le savent bien, et n’importe quel agriculteur biologique ou avec une autre approche (permaculture, etc.), en tout cas pas dans le cadre de cette fausse appellation “conventionnelle”, auraient pu le leur dire en deux secondes.

Cela a le don de m’énerver de lire des formulations pareilles. Il semble logique, et on le sait, que tout se trouve dans la nature comme remède. L’homme a tout détruit avec ses produits écocides, un point, c’est tout. 200 ans auront suffit pour salir le plus beau joyaux de cette galaxie. Bravo !

Un an plus tard

Un an plus tard, on en est donc toujours – en France en tout cas – à trouver des produits à base de glyphosate dans les rayons. Et s’il n’y avait que ça !

Un an plus tard, rien n’est réglé, et c’est on dirait la première année où les médias commencent enfin à s’emparer de sujets brûlants (sur un thème qui aurait dû être traité depuis 60 ans…). Effet de panique devant la réalité qui soudain s’offre plus concrètement à leurs yeux ? (réchauffement, air irrespirable, eaux polluées, cancers, et j’en passe et des meilleurs). Certains réalisent un peu tard que oui, à continuer ainsi, l’humanité va dans le mur.

On s’est déjà pris le mur

Mais ils n’ont pas compris que le mur, on l’a déjà pris, et que depuis environ une bonne décennie, voire deux, ce sont peu à peu les effets retours (j’appelle cela le boomerang), que l’on se prend dans le nez. Tous, quels que soient l’âge et le pays où l’on vit. Car dans ce constat, tout le monde y passe et y passera. Même ceux qui dénoncent depuis la fin du XXe siècles des pratiques écocides de toute sorte.

Aujourd’hui, et au rythme où les choses avancent, ce n’est pas un “an plus tard” qu’il faudrait écrire, mais un jour plus tard.

À chaque jour suffit sa peine, dit le proverbe, eh bien chaque jour, des centaines de millions (voire des milliards) d’individus, vous savez ces même humains censés être dotés d’un cerveau, continuent d’acheter et de jeter n’importe où du plastique.

Chaque jour, de nouvelles routes sont bitumées pour recevoir des caisses à diesel, chaque jour, des enfants vont à l’école en respirant les pesticides du champ qui jouxte leur école, chaque jour…, etc.

Alors je concluerai, un an après, comme Pierre Rabhi, non pas “bon appétit”, mais “bonne chance !”


PS : c’est vraiment dommage que j’ai perdu tous mes anciens articles car il y a déjà cinq ans, je faisais le tour de tout ce qui est une hérésie en matière de nourriture.
Il faut bien savoir aussi que l’agriculture étiquetée “bio”, n’est pas toujours une réussite : quel particulier (non curieux de nature) sait que dans le cahier des charges de l’agriculture biologique (AB), 5 % d’intrants sont tolérés ? Et même si vous gérez votre propre potager, l’evironnement général (air, pluie) est de toute façon pollué. L’air pur à 100 % n’existe plus que dans les livres et les contes de fée. Alors oui, la désolation fait place à l’énervement. Ou bien l’inverse.

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