L’histoire

Je m’appelle Anne-Elisabeth. Née au siècle dernier, je suis tombée dans la période la plus ravageuse en termes de pesticides et d’agriculture intensive. Je mange biologique, le plus naturellement, local et frais possible (je suis végétarienne en passant).

Bref, au début des années 90, à Paris, il était bien difficile de trouver un restaurant bio, autant dire impossible. Quant aux magasins, je ne pouvais compter que sur la première chaîne a avoir ouvert des commerces de produits bio, à savoir Naturalia (1972 !). D’autres chaînes suivront et heureusement. Et aujourd’hui, quelques dizaines de vrais restaurants bio battent le pavé parisien.

En 2007, alors en déplacement, je cherchais un resto, bio évidemment, dans la seconde ville de France, Lyon. Ayant préalablement surfé dans les guides listant les commerces de ce type, j’en avisais un. Mais en arrivant sur le lieu, force fut de constater qu’il avait fermé définitivement… J’ai donc jeûné (ce qui ne fait pas de mal non plus, en passant).

Cette aventure m’a déclenché une réflexion sur la valeur de tels guides en ligne, rarement mis à jour. C’est là que j’ai découvert qu’il y avait toute sortes de « guides » ou « annuaires », certains allant même jusqu’à faire payer l’internaute pour découvrir le téléphone de l’établissement ! Les plus classiques se contentant d’attendre que le commerce en question vienne à lui et paie pour avoir sa fiche ! D’autres encore, plus souples, laissent s’inscrire librement qui veut se qualifier de « bio ». Tout cela n’est pas très sérieux. D’autant que ces guides ne semblent pas se soucier d’actualiser leurs données.

J’ai décidé de prendre le problème à l’envers. Comme on n’est jamais aussi bien servie que par soi-même, j’ai pensé immédiatement à une application qui indiquerait le resto bio le plus proche (aujourd’hui il en existe). Je n’ai pas développé l’idée car il fallait un business model, et je n’étais ni dans cet état d’esprit (j’aime partager l’info gratuitement, surtout quand il en va de notre santé) ni dans le loisir de m’y plonger à fond ayant une occupation professionnelle à côté.

J’ai donc créé tout simplement une carte que j’ai surtout étoffée à partir de 2013, avec mes petites mains et tous mes dimanches y sont passés : ma démarche pour les vérifier un à un allant jusqu’à lire (quelle que soit la langue) le contenu de leur site ou de leur page Facebook.
Certes, c’est un travail de fourmi, mais très enrichissant. Mes critères sont simples : si le restaurant en question ne parle que de « naturel, frais, local », ce n’est pas suffisant.

Voilà pour la naissance de cette carte. Et qui semble apparemment s’avérer très utile à de plus en plus de personnes dans le monde, qui se préoccupent à la fois de leur santé, de ce qu’ils avalent et de la planète.

Pour l’anecdote, j’ai grandi dans une famille soucieuse de la nature, et il se trouve que mon père, qui avait une agence de publicité à Paris, a remporté à l’époque l’appel d’offre du tout jeune ministère de l’Environ-nement pour la création du premier logo AB appliqué à partir de 1984 environ. Il proposa un label avec un grand A et un petit b (un point central dans le b symbolisant la graine m’expliqua-t-il) ainsi que les fameuses deux petites feuilles, que l’on retrouve encore sur le label actuel, et utilisées même un peu partout… Autant dire que je connais la question du bio, si bien sûr, il fallait être légitime pour en parler.

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